Acheter une voiture en Turquie pour les étrangers: Guide 2025
Table des matières
Istanbul, Antalya ou Izmir: quiconque a déjà tenté de se déplacer dans les métropoles turques en comptant uniquement sur les transports en commun ou les taxis connaît le défi. Entre les bus bondés et les compteurs de taxi imprévisibles, le désir d’indépendance automobile se fait vite sentir. Mais les étrangers peuvent-ils vraiment acheter une voiture en Turquie sans difficulté?
La réponse courte est: Oui.
La réponse longue est toutefois un peu plus nuancée. Il n’existe pas un seul chemin vers la propriété d’un véhicule, mais deux voies distinctes selon votre statut de résidence. Dans ce guide, nous vous accompagnons à travers les méandres de l’administration turque du rendez-vous chez le notaire à la fameuse « règle des 6 mois » concernant le permis de conduire. Nous laissons de côté la théorie pour nous concentrer sur ce qui compte réellement dans la pratique en 2025.

Option 1 vs Option 2: Quelle plaque d’immatriculation vous faut-il?
Avant de regarder les modèles, vous devez prendre une décision stratégique. En Turquie, on distingue deux types d’achat automobile pour les étrangers:
1. L’achat classique (Plaque turque standard)
C’est la voie standard pour la plupart des expatriés et résidents. Vous achetez une voiture (neuve ou d’occasion) exactement comme un citoyen turc. Cela signifie:
- Vous payez le prix plein, incluant l’ÖTV (Taxe spéciale sur la consommation) très élevée en Turquie et la KDV (TVA, actuellement à 20 %).
- Avantage: Vous pouvez revendre la voiture plus tard à n’importe qui Turc ou étranger. La valeur de revente reste stable.
- Inconvénient: En raison des taxes, les voitures sont nettement plus chères en Turquie qu’en France ou en Belgique.
Vous souhaitez comparer les prix actuels? Consulter les tarifs de marques comme Volkswagen Turquie vous donnera une bonne idée du niveau de prix pour les véhicules neufs.
2. La plaque détaxée « Plaque Bleue » (Série MA-MZ)
Sous certaines conditions, les étrangers peuvent acheter un véhicule « hors taxes » (auprès d’un autre étranger) ou l’importer. Ces voitures reçoivent une plaque commençant par les lettres MA à MZ.
- Qui est éligible? Les retraités étrangers, les titulaires d’un permis de travail (Work Permit), les diplomates et les étudiants étrangers. Attention: les simples touristes ou les détenteurs d’un permis de séjour de courte durée sans droit au travail sont généralement exclus.
- Avantage: Vous économisez la colossale taxe ÖTV.
- Inconvénient: Vous ne pouvez revendre la voiture qu’à d’autres étrangers éligibles. Le marché est beaucoup plus restreint. De plus, seul le propriétaire et sa famille immédiate (conjoint, enfants) sont autorisés à conduire le véhicule.
Le processus d’achat: Le rôle central du notaire
Contrairement à de nombreux pays européens, en Turquie, rien ne se fait sans notaire. Il n’existe pas de « vente à l’amiable » sur un coin de table. Le processus est strictement réglementé et désormais très sécurisé.
Les documents requis
Pour que le notaire puisse valider l’achat, vous devez impérativement avoir:
- Passeport: Une traduction certifiée conforme par un notaire de votre passeport.
- Numéro de taxe (Vergi Numarası): Ou votre numéro d’identification pour étrangers (YKN) figurant sur votre Ikamet.
- Titre de séjour valide (Ikamet): Bien que l’achat soit théoriquement possible avec un simple numéro de taxe, une adresse et un titre de séjour sont quasi indispensables pour l’assurance et l’immatriculation finale.
Conseil d’expert: Si vous ne parlez pas turc, la loi vous oblige à être accompagné d’un interprète assermenté lors du rendez-vous. Prévoyez ces frais supplémentaires. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur la notarisation en Turquie.
Le déroulement étape par étape
- Expertise du véhicule (Ekspertiz): N’achetez jamais une voiture d’occasion sans un rapport « Ekspertiz » récent. Ces centres indépendants vérifient le moteur, l’épaisseur de la peinture (pour déceler des accidents cachés) et la mécanique. C’est la norme en Turquie.
- Rendez-vous chez le notaire: Le vendeur et l’acheteur se rencontrent. Le notaire vérifie dans le système que le véhicule est libre de dettes (ni taxes impayées, ni amendes).
- Paiement: Les mallettes de billets appartiennent au passé. Aujourd’hui, on utilise le « Système de Paiement Sécurisé » (Güvenli Ödeme Sistemi) des banques. Les fonds sont débloqués uniquement après la validation de la vente par le notaire.
- Remise des documents: Vous recevez immédiatement une carte grise provisoire. La carte définitive (Ruhsat) vous sera envoyée par la poste.
Si vous cherchez votre voiture en ligne, le leader du marché est la plateforme « Sahibinden ». J’ai résumé mon expérience ici: Sahibinden en français: Guide pour expatriés.
Le piège à éviter: Le permis de conduire
Beaucoup d’étrangers se font piéger. Oui, vous pouvez conduire avec votre permis étranger en Turquie, mais seulement pendant 6 mois après votre entrée sur le territoire.
Passé ce délai, votre permis devient invalide aux yeux des autorités turques. Vous risquez de lourdes amendes pour conduite sans permis. Deux options s’offrent à vous:
- Conversion: Vous faites convertir votre permis en permis turc (votre permis d’origine est souvent conservé par l’administration).
- Sortie du territoire: Vous quittez la Turquie et y rentrez à nouveau pour réinitialiser le délai de 6 mois (attention, c’est une zone grise administrative; la conversion reste la méthode la plus sûre).
Coûts récurrents: Taxes, contrôle technique et assurance
Posséder une voiture en Turquie implique de suivre les obligations fiscales annuelles, qui diffèrent des systèmes européens.
1. MTV (Taxe sur les véhicules à moteur)
La Motorlu Taşıtlar Vergisi (MTV) est une taxe annuelle payée en deux versements (janvier et juillet) via votre application bancaire. Son montant dépend de la cylindrée et de l’âge du véhicule, et non des émissions de CO2.
2. TÜVTÜRK (Contrôle Technique)
En Turquie, le contrôle technique est géré par TÜVTÜRK, partenaire du TÜV Süd allemand. Les règles sont strictes:
- Voiture neuve: Première visite après 3 ans.
- Véhicule particulier: Ensuite tous les 2 ans.
- Véhicules utilitaires: Tous les ans (attention: de nombreux pick-ups ou fourgonnettes sont classés comme utilitaires!).
3. Assurance
L’assurance au tiers (Trafik Sigortası) est obligatoire. Vu la densité du trafic à Istanbul, il est vivement conseillé de souscrire une assurance Kasko (tous risques). Pour plus de détails, lisez notre guide complet sur l’assurance auto en Turquie.
Conclusion: Cela en vaut-il la peine?
Avoir sa propre voiture en Turquie, c’est la liberté. C’est pouvoir explorer les routes côtières de l’Égée ou s’évader dans les montagnes sans contrainte. Si vous acceptez l’investissement initial élevé lié aux taxes et que vous franchissez les étapes administratives, le coût d’entretien reste tout à fait raisonnable par rapport à l’Europe de l’Ouest.







