Créer une entreprise en Turquie : guide pratique et stratégique
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Pourquoi la Turquie maintenant ? Parce que malgré un contexte économique mouvant, elle reste l’un des rares marchés où un entrepreneur étranger peut créer une société à 100 % détenue, accéder à un grand marché intérieur et bénéficier d’incitations fiscales ciblées. Encore faut‑il comprendre les règles réelles du jeu, au‑delà des brochures officielles.
Créer une entreprise en Turquie peut être un vrai levier de croissance, à condition d’anticiper la bureaucratie, les exigences de capital et la fiscalité locale. Ce guide vous explique comment ça se passe concrètement : formes juridiques, étapes, coûts réels, fiscalité et points de vigilance que les entrepreneurs découvrent souvent trop tard.

Incitations offertes aux investisseurs étrangers
La Turquie a structuré son attractivité autour de zones et de régimes spécifiques. Bien choisis, ils peuvent faire une vraie différence sur la rentabilité.
- 19 zones franches actives : exonération des droits de douane et de TVA, et exonération de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises manufacturières exportant au moins 85 % de leur production.
- Zones industrielles organisées : coûts réduits pour l’énergie, l’eau et les télécoms, exonération de TVA sur l’acquisition de terrains et exonération de taxe foncière pendant cinq ans.
- Zones de développement technologique : exonérations prolongées jusqu’en 2028 sur l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu des salaires R&D et la TVA sur certains logiciels (dans la limite des plafonds légaux).
- Incitations à l’investissement : avec un certificat d’incitation, le taux effectif d’impôt sur les sociétés peut être ramené autour de 10–15 % pour certains projets export ou R&D.
À cela s’ajoutent plus de 85 conventions de non‑double imposition et de nombreux accords de libre‑échange, ce qui sécurise la fiscalité des investisseurs internationaux.
Types d’entreprises en Turquie
En pratique, deux formes juridiques concentrent l’immense majorité des créations par des étrangers.
- Sociétés de capitaux
- Société à responsabilité limitée (Ltd. Şti.)
- Société par actions (A.Ş.)
La Ltd. Şti. est la plus populaire pour les PME : capital minimum légal de 50 000 TRY, sans obligation de dépôt initial. Le capital doit toutefois être entièrement libéré sous 24 mois. Point souvent sous‑estimé : les transferts de parts nécessitent une notarisation et l’approbation de l’assemblée générale.
La A.Ş. est plus adaptée aux projets structurés ou internationaux : capital minimum de 250 000 TRY, dont 25 % à déposer avant l’enregistrement. Elle offre plus de flexibilité pour l’entrée d’investisseurs et les transferts d’actions.
Quel que soit le statut choisi, l’enregistrement via le système MERSIS est obligatoire.
Documents nécessaires
La constitution repose essentiellement sur des statuts précis et correctement formalisés. Toute approximation ralentit le processus.
Les statuts doivent notamment préciser : identité des associés, répartition du capital, dirigeants, règles de nomination et de révocation, adresse du siège, objet social et modalités de résolution des litiges.

Étapes clés de création
Toutes les formalités passent par le registre du commerce, généralement via la Chambre de commerce locale.
- Rédaction et signature des statuts
- Création du compte MERSIS
- Enregistrement au registre du commerce
- Obtention du numéro fiscal
- Paiement de la contribution de 0,04 % du capital via le registre du commerce
- Ouverture du compte bancaire
- Certification des livres comptables
- Déclaration auprès de l’administration fiscale
Comptabilité : non négociable
La loi impose de travailler avec un expert‑comptable agréé (SMMM). Il gère la TVA (KDV), l’impôt sur les sociétés, les déclarations sociales et la paie. Dès que certains seuils sont dépassés (chiffre d’affaires, actifs, effectif), un audit indépendant devient obligatoire.
Embaucher des étrangers
Un permis de travail est requis. En règle générale, il faut compter un salarié turc pour cinq salariés étrangers. Le coût global d’un permis avoisine 1 000 USD, taxes incluses, et la réponse intervient sous environ un mois.
Fiscalité des entreprises
En 2026, le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. La TVA standard est fixée à 20 %, avec des taux réduits à 1 % et 8 % selon les biens et services.
Grâce aux conventions fiscales et aux régimes d’incitation, la charge réelle peut être significativement réduite pour les projets bien structurés.

Coûts à prévoir
Au‑delà du capital social, prévoyez :
- Frais de notaire et de traduction
- Frais d’enregistrement et publication officielle
- Honoraires juridiques et comptables
- Cotisation à la Chambre de commerce (variable selon la ville)
Délais réalistes
En pratique, comptez 2 à 3 semaines pour une création standard, si les documents sont prêts et conformes.






