Production laitière turque : tendances, statistiques et analyses
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Un détail surprend beaucoup de visiteurs dès les premiers repas en Turquie : le yaourt n’est pas un accompagnement, c’est une évidence. Du yoğurt servi nature au petit-déjeuner à l’ayran bu au verre comme une boisson quotidienne, le lait fait partie du quotidien, pas d’un simple rayon de supermarché.

Cette omniprésence ne relève pas uniquement de la tradition culinaire. Elle reflète le poids économique du secteur laitier turc, structuré autour de grands groupes industriels, d’un réseau dense de transformateurs régionaux et de milliers de fermes familiales. En revanche, début 2026, beaucoup de chiffres habituellement cités — volumes annuels, classements internationaux, taux de croissance — n’ont pas encore été officiellement publiés par les autorités statistiques. Résultat : le secteur avance dans un climat d’incertitude, notamment sur les prix et la rentabilité.
L’industrie laitière turque
- AK Gıda : acteur industriel majeur, présent sur plusieurs sites de transformation.
- Sütaş : groupe turc intégré, de l’élevage à la distribution.
- Pınar Süt : marque historique, connue pour avoir démocratisé le lait UHT.
- SEK (Tat Gıda) : entreprise bien implantée dans la collecte et la transformation.
- Danone Türkiye : filiale d’un groupe international, fortement orientée produits fermentés.
- Les données nationales consolidées pour la période 2025–2026 ne sont pas encore publiées par TÜİK début janvier 2026.
- La production repose très majoritairement sur le lait de vache, les autres laits restant plus spécialisés.
- Les industriels signalent une collecte stable mais sous pression financière.
- Coûts d’alimentation animale élevés et volatils.
- Stress hydrique et effets du changement climatique sur les pâturages.
- Incertitude sur les prix du lait cru en l’absence d’annonce officielle.
- Les produits fermentés comme le yaourt et l’ayran restent au cœur de la consommation.
- Le fromage conserve une place centrale, notamment dans la cuisine régionale.
- Le lait liquide est de plus en plus concurrencé par d’autres formes de consommation.
Les principaux acteurs de l’industrie laitière turque
Le secteur laitier turc s’appuie sur un noyau d’entreprises bien établies, capables d’absorber les chocs économiques et logistiques. Si leurs capacités exactes ne sont pas publiées de manière actualisée en 2026, leur rôle structurant reste incontestable.
AK Gıda demeure un acteur industriel de premier plan, très présent dans la transformation et la distribution.
Sütaş incarne le modèle intégré turc : élevage, alimentation animale, transformation et produits finis.
Pınar Süt reste associée à la modernisation de la consommation laitière en Turquie, avec une large gamme de produits.
SEK (Tat Gıda) et Danone Türkiye complètent ce paysage, l’un avec un ancrage local fort, l’autre avec une expertise internationale.
À côté de ces groupes, le Ulusal Süt Konseyi recense de nombreux transformateurs régionaux qui assurent un maillage territorial essentiel.
Les petits acteurs : fermes familiales et réalité du terrain
Derrière les marques connues, ce sont surtout les exploitations familiales qui font tenir le système. Ces fermes, souvent de taille modeste, assurent une part importante de la production de lait cru.
Début 2026, leur principale inquiétude concerne le prix du lait cru. Le Conseil national du lait n’a pas encore annoncé de prix de référence officiel, tandis que les organisations de producteurs réclament un niveau permettant de couvrir les coûts réels, avec une demande autour de 27 TL par litre, hors frais annexes.
Conseil pratique : sur les marchés locaux et dans les villages, le yaourt et le fromage issus de ces petites exploitations offrent souvent un meilleur rapport qualité‑prix que les produits standardisés.
Tendances et défis de la production
Sans chiffres consolidés récents, une chose est claire : le secteur fonctionne sous tension. Le retard dans l’annonce des prix de référence fragilise la planification des éleveurs, tandis que les transformateurs tentent de contenir les hausses de coûts.
Sur le plan macroéconomique, la dépréciation de la livre turque pèse sur les intrants importés. Au 6 janvier 2026, le taux de change officiel s’établissait autour de 43 TL pour 1 USD et 50 TL pour 1 EUR, un facteur déterminant pour l’alimentation animale et l’énergie.
En attendant la publication des prochaines données officielles, l’industrie laitière turque avance à vue : une consommation toujours solide, mais une équation économique de plus en plus serrée.








